Libre arbitre..?
Telle est l'intrigue. Longtemps je n'en ai pas eu conscience mais le libre arbitre constitue la grande interrogation de ma vie.
Source d'inspiration, de lucidité et de risques pour mes décisions et engagements les plus sensibles, au coeur de ma passion pour l'histoire et la littérature, il explique mon intérêt pour la photographie humaniste et plus de 50 ans de fidélité à la servir.
Cette interrogation s'impose souvent quand je photographie quelqu'un : pourquoi sa présence, son comportement, ses actes, ici et maintenant ? Ou là-bas et dans le Temps perdu, lorsqu'il s'agira de regarder la photographie, parfois des années après ?
Avec ses infinies nuances de gris pour révéler celles de la lumière, le Noir & Blanc facilite l'intuition, ou la conviction, par sa capacité à élaguer une réalité toujours complexe. En outre, l’absence des autres couleurs préserve le style figuratif d'une photographie tout en lui conférant une dimension abstraite ce qui élargit les possibilités d’interprétation.
C’est pourquoi j’ai donné le titre " Libre arbitre...? " à mon projet artistique. Il reconnaît à toute personne photographiée son identité et sa dignité, son droit à la liberté mais aussi à la contrainte volontaire, l'impact de son environnement politique, culturel et social. Il respecte mes choix artistiques et la diversité des sentiments possibles du spectateur face à mes photographies.
Prises de 1978 à 2025 dans une vingtaine de pays, elles ne sont pas agencées par époque, lieu ou action (sur ce site, seules 12 photographies sont présentées). Le rythme graphique permet à chacune d'exister davantage par elle-même (!) afin de célébrer la diversité, sève de notre humanité.
Comme avant une exposition, je vous souhaite une bonne visite... et des interrogations ?
Vincent Lafon

Vincent Lafon est né en 1957 à Figeac (Lot).
Il a depuis son enfance un esprit au voyage – dans l'ailleurs et l’autrement – qu’il complète assez tôt d'une passion pour la littérature et d’un intérêt pour les sciences humaines et sociales.
L'attention au fait humain dans l’Histoire et dans l’instant, dans la réalité et ses représentations, ne le quittera plus.
Son éveil à l’art remonte à la rétrospective Picasso de 1966 à Paris, à la fois pour les œuvres et certaines déclarations de l'artiste. S’il n’a jamais cessé de s’intéresser à la peinture moderne et contemporaine, avec depuis une vingtaine d’années une curiosité pour les arts premiers, c’est la photographie qui lui ouvre une voie d'expression artistique.
A 10 ans, il reçoit son premier appareil Reflex et commence à découvrir les oeuvres des maîtres de la photographie. Si Henri Cartier-Bresson devient pour toujours sa figure inspirante, il est particulièrement sensible aux oeuvres d'Édouard Boubat, Bruce Davidson, Fan Ho et Marc Riboud.
Depuis, associées à une interrogation sur le libre arbitre et à une recherche d'esthétique dans tout, son intention artistique et son attention sociale guident ses pas de photographe sur un chemin buissonnant.
Avec un regard en recherche d’identités, d’altérité et d’intériorités, celles des hommes et celles des lieux où ils vivent, où ils agissent, où ils passent.
Un regard attentif à la composition et à la lumière spontanées d’une scène pour élaguer le réel et donner plus d’intensité à des visages inconnus et aux choses simples de la vie.
Vincent Lafon est aussi l’auteur de Tu sillonnes gaiement cette immensité profonde, une anthologie apaisante de la poésie française.
Il a passé la moitié de sa vie à Paris et l'autre en province, aujourd'hui à Toulouse.